Performances
- Samedi 21 juin 2025 à 18:00 pour le Festival Altitudes, La Part-Dieu – Gruyères
- Dimanche 22 juin 2025 à 17:00 pour le Festival Altitudes, La Part-Dieu – Gruyères
Résidence
- mai/ juin 2024, La Part-Dieu, Gruyères
Descriptif du projet
À l’occasion de son projet Seuil, la compagnie Nous et Moi souhaiterait exploiter et explorer une nouvelle fois les potentialités qu’offre l’abbaye de la Part-Dieu comme lieu de création in situ. Fortement inspiré-e-s par leur collaboration fructueuse avec Arnaud Sponar lors de la dernière édition du festival, les interprètes de la compagnie souhaitent réitérer cette expérience et exploiter de nouveau la même hybridation des disciplines artistiques, avec des éléments de son cru cette fois-ci, et ce par l’intégration d’un arrangement live du compositeur attitré de la compagnie dans la scénographie.








Corallo Création – Festival Altitudes
Note d’intention
Dans son processus de recherche habituel, la compagnie Nous et Moi fait de la recherche d’un vocabulaire et de qualités de mouvement particulières un socle de création qui s’agrémente d’une création musicale sur laquelle les chorégraphes écrivent ensuite leur partition. Le mouvement est souvent moteur de la narration, mais à l’occasion de cette création thématique, les membres de la compagnie se sont penchées, comme les autres intervenant-e-s, sur le mythe de Perséphone pour s’en inspirer librement et en faire leur ligne directrice dans l’écriture.
La danse présente parfois l’inconvénient de ne pas forcément disposer d’un support verbal pour dire son propos, et le langage du corps est souvent tributaire de l’interprétation de l’œil qui l’observe. Il s’agissait alors de puiser dans le mythe et d’en retirer des aspects fondamentaux afin d’en dégager des éléments propices à la création de matériel. Or, comme bien souvent dans les mythes, les personnages sont au cœur de l’intrigue, et l’évidence de ce socle de narration s’est imposé pour les chorégraphes, qui ont souhaité s’appuyer sur trois grandes figures du cortège mythologique pour constituer la matière première de leur réflexion : Hadès, Perséphone et Déméter. La toile mythologique est constituée de récits et de sources divers qui forment une constellation de paramètres définitoires d’un personnage, et cette trame se tisse au gré des ajouts, des interprétations et des itérations. S’appuyant sur cette caractéristique du matériel mythologique, les chorégraphes s’en sont inspirées pour dégager des traits dominants des trois personnages centraux du mythe, traits qui ont été utilisés pour élaborer un vocabulaire de mouvements et un langage corporel distincts, propres à chaque personnage.
D’un point de vue narratif, une fois les paramètres chorégraphiques définis, les chorégraphes ont choisi de restituer sélectivement l’histoire de Perséphone en présentant cette dernière dans son rapport à Déméter, puis à Hadès, en explorant la manière dont les vocabulaires des personnages se croisent, se recoupent ou divergent. D’un point de vue scénographique, les chorégraphes ont choisi de mettre à l’honneur deux lieux de l’abbaye de la Part-Dieu, afin d’aborder la verticalité comme axe principal pour restituer l’histoire : les escaliers du rempart extérieur ont fait office de cadre bucolique où évoluent Déméter et Perséphone, et le réfectoire des moines a été utilisé pour figurer l’antre d’Hadès. Des escaliers, un parcours passant par la cour de l’enceinte intérieure sera guidé par le compositeur, campant le rôle de Charon, qui accompagnera avec sa guitare les spectateurs, qui font figure de morts arrivés aux Enfers et témoins des aventures de Perséphone.
La pièce que la compagnie Nous et Moi écrit sur le thème du mythe de Perséphone à l’occasion du festival Altitudes est l’occasion pour les quatre artistes de réaliser leur envie d’intégrer la musique jouée en live comme intervenant à part entière dans une pièce in situ. Alors que les deux sphères étaient jusqu’ici circonscrites au studio en dépit d’un processus d’écriture en simultané et en collaboration, l’ajout de ce paramètre amène les chorégraphes à repenser leur fonctionnement en termes de dramaturgie et de scénographie, de réenvisager les frontières de la chorégraphie, de la partition, et de l’improvisation, ouvrant un champ de possibilités encore peu exploré par la compagnie.